Après avoir eu le malheur de "goûter", un peu par hasard, à la course à pied en 2008, je me suis découvert une passion pour ce sport qu'est le trail.
Un sport d'addiction, où chacun peut y trouver du plaisir, une motivation, des défis à relever.
Un sport qui permet de découvrir de nouvelles contrées, des paysages, des ambiances uniques, des personnages.
Un sport de partage, où les derniers côtoient les premiers, où l'on partage des valeurs.
J'ai longtemps hésité avant de créer ce blog, car loin de moi l'idée de me mettre en valeur (ceux qui me connaissent n'en douteront pas en instant), je tiens surtout ici à vous faire partager ma passion, au travers de mes récits de courses et des tranches de vie vécues depuis quelques années sur les sentiers...et pourquoi pas vous transmettre ce virus qu'est le trail et plus particulièrement l'ultra trail!



dimanche 18 juin 2017

Un We Choc dans les Ecrins

Afin de peaufiner mon entrainement pour l’Ultra de Corse, j’avais programmé de faire un maximum de bornes et de dénivelé ce we, sans pour autant trop puiser dans les réserves afin d’avoir le temps de récupérer d’ici début juillet. Sollicité par Perrine, Julien et Patrice pour venir courir dans les Ecrins, mon hésitation ne fut que de courte durée et c’est avec enthousiasme que je m’inscris dans les derniers jours sur les épreuves du Kilomètre Vertical le samedi et le trail long de 57km le dimanche.
Samedi matin, je retrouve Perrine, Julien, Nicolas, Christelle, Laurence et Albéric au départ du KV. Mon objectif du jour, me faire une bonne séance intense pour faire monter le cardio. Quelques minutes avant le départ, Patrick Michel nous fait un briefing rapide en nous précisant que nous allons gravir 950m de D+ en un peu moins de 3km ! Ouf ! Je n’ai encore jamais participé à un vrai KV et suis impatient de voir comment je vais gérer cet effort. Le départ est donné, nous partons tous en courant, bâtons à la main face à la piste noir de Vallouise qui se dresse face à nous. Très vite, tout le monde se met à marcher. C’est parti pour trois quarts d’heure de marche à pousser sur les cuisses, les mollets et chercher un appui supplémentaire avec les bâtons. Malgré notre vitesse de 4km/h, nous sommes tous avec le cardio à fond et le souffle court. Drôle de sensation de ne pas avancer et d’être à l’agonie. Les écarts commencent à se creuser et je vois les premiers coureurs s’échapper. Je tente de garder mon rythme, dans cet effort solitaire et laisse le temps passer. Peu à peu je prends du plaisir dans cet effort de brute. Je me régale et suis presque déçu de constater que l’arrivée est déjà si proche. Après 47 min d’effort, je passe la ligne, toujours en marchant, malgré ma vitesse ascensionnelle de 1200m/h à la 10ième place. Bravo à Nico qui ma collé 2 min, mais aussi à Christelle, Albé et Julien qui finissent dans mes talons et Perrine qui a tout donné dans les derniers hectomètres de la course sachant qu’elle n’arrivait même plus à parler ! ;-)


Heureux de ma matinée, après une bonne sieste mérité, j’accueil Patrice et Cédric pour partager un bon repas riche en glucide avec un soupçon de boisson houblonnée en vue de notre trail de 57km et 3000D+ le lendemain.
A peine le jour levé à 5H30, nous retrouvons au départ Perrine et Julien pour un petit échauffement d’une dizaine de minutes. Personnellement je ne ressens pas tellement le besoin de m’échauffer car j’ai décidé de faire ce trail sans trop puiser dans mes réserves pour garder du jus pour la Corse. Le pari est osé car avec un dossard sur la poitrine, dur de se dire que l’on doit en garder sous le pied. La seule solution que je trouve pour me raisonner est de me fixer de faire la course au cardio en veillant à ne jamais dépasser les 140 pulsations minutes en montée et 130 sur le plat ou en descente. Encore un rapide breifing de Patrick Michel qui nous rappelle que nous ne sommes pas là pour randonner (oupsss moi oui ! ;-) ). Juste le temps de dire également bonjour à Mélanie, Lionel et Eva qui n’a pas l’air très bien réveillée, que le départ est lancé.  Ca part cool, et moi encore plus. Je surveille ma montre et me laisse doubler par tous ses coureurs fous !
Nous franchissons le premier col à la fraiche, et surveille toujours mon cardio. Nous basculons alors vers Puy Saint Vincent sur les chemins que je connais comme ma poche. Je me régale dans les descentes même si je ne suis pas très rapide. Je fais quelques kilomètres avec Lionel qui n’est pas au top de sa forme et m’annonce qu’il souhaite abandonner. Je le tire en descente mais il n’est pas bien. Je suis déçu pour lui.
Premier gros ravito à Vallouise, où je retrouve Cédric qui me tire pour repartir, moi qui profitais des bananes, oranges, pain d’épice et autres mets…
Nous abordons ensemble la grosse difficulté du jour avec 1500D+ . Après une première partie d’ascension commune, Cédric prend doucement le large. Il me distance peu à peu. J’ai envie de revenir sur lui, surtout que j’ai également en visuel Julien et Patrice,  mais non, il faut que je reste sage et garde mon cardio au dessous de 140 bpm. La montée est longue, nous quittons les sous bois pour retrouver un univers plus minéral avec une pente qui se durci. Je me vois alors dans les pentes du Monte Cinto,  trois semaines avant ! Après 1H50 de montée, nous franchissons le col de Vallouise. Le paysage est magnifique, et basculons sur de magnifiques alpages. Je perds de vue mes compères et me fait même doubler par deux coureurs. Les cols s’enchainent et je poursuit sur mon rythme. Mon regard se perd sur les flans de montagne recouverts de névés, je contemple le paysage à l’affut de surprendre un chamois ou une marmotte. La seule chose que je surprends devant moi c’est Patrice qui ne me semble pas au top et sur lequel je reviens peu à peu sur un long single en balcon.
Dernière ligne droite avec une descente de presque 15km pour rallier l’arrivée. Pour le coup Patrice reprend la poudre d’escampette sans que je puisse le rejoindre. De mon coté, je profite de l’ultime ravitaillement pour me faire un petit sandwich jambon fromage et discute quelques minutes avec Joachim, le copain d’Eva. C’est reparti pour les 10 derniers kilomètres où je prends ma foulée d’ultra traileur en mode économie. Les derniers kilomètres sont traitres avec de multiples relances où il faut s’efforcer de courir sous une chaleur écrasante. J’adore !
Après 7H30 de course, je franchi la ligne d’arrivée, fatigué mais sans être épuisé, ce qui devrait me permettre de me remettre assez rapidement de ce trail : mission accomplie.  Une fois de plus de suis heureux de cette journée où j’ai réussi à ne pas m’emballer à vouloir suivre les collègues.
Bravo à Julien et Cédric qui finissent 7ième et 8ième, à Patrice qui malgré sa méforme fini 11ième et Perrine qui termine en beauté 2ième féminine. De mon coté je finis à une très honorable 13ième place.
L’après course sera une fois de plus un bon moment de partage autour d’un bon repas, d’une bonne bière et d’une bonne glace.
Un grand merci à l’organisation du trail des Ecrins qui comme d’habitude nous a enchanté par la beauté des paysages, la qualité des tracé et l’ambiance tout au long du we.


We love running, we love Ecrins, et vivement le 6 juillet à l’assaut de la montagne Corse !!!

dimanche 4 juin 2017

Trail des Maures entre sport et convivialité

Gardant un très bon souvenir de l’édition 2016, c’est un peu à la dernière minute et à l'improviste que je décide de m’inscrire au Trail des Maures 2017 sur le parcours du 21km. J’hésite entre cette distance et le 42km mais décide de rester sage et préférer attendre que ma cheville soit complètement guérie avant de me relancer dans le long.
J’arrive une bonne heure avant le départ vers 7h afin de retirer mon dossard et prendre le temps de m’échauffer correctement car une fois de plus, il va falloir savoir se mettre rapidement dans le rouge pour tenter de performer sur cette « petite » distance.
Par contre, contrairement au we dernier où j’avais une grosse envie de me surpasser, je me sens nettement moins motivé aujourd’hui et vois juste en ce trail une bonne séance de vitesse.
Le départ est donné à 8h30 précise dans le centre du village. Rapidement, dès les premiers kilomètres, dans la grosse montée en sortie du village, je sens que cela va être compliqué pour moi, car je n’ai pas de vitesse et n’arrive pas à accrocher le peloton de tête. Je prend sur moi et décide alors de faire ma course en me fixant comme objectif de tenir le 10km/h de moyenne, sachant que vu la chaleur et les difficultés en fin de parcours, si je maintiens mon rythme, je regagnerai surement quelques places d'ici l'arrivée.
Avec une quinzaine des coureurs devant moi, je fais ma première partie de course en tentant de conserver toujours un bon rythme, en relançant dès que possible sur les parties plates et en attaquant dans les descentes vu que ma cheville, beaucoup moins douloureuse, me permet de retrouver de très bonnes sensations. Cela faisait longtemps que je n’avais pas pris autant de plaisir en descente. Je suis tout sourire. Peu avant le premier ravito au 10ième km, je reviens sur les premières victimes d’un départ trop rapide. Malheureusement, c’est mon collègue Julien Desjardins qui n’a plus de jus et s’est tordu la cheville. On échange quelques mots,  mais suis déçu de savoir qu’il ne fera plus parti de la course.
Après une bonne heure de course, je retrouve un peu de vitesse et de motivation sachant que la grosse difficulté du parcours se dresse face à nous : une montée sèche en plein cagnard.  J’ai en visuel 2 coureurs qui ont l’air un peu de subir cette seconde partie de course. Je me motive et tente d’accélérer pour les reprendre. Les jambes répondent, le cardio aussi.  Je me fais plaisir à gérer cette seconde partie de course. Je prend un gel, et passe à l’attaque. Ils essayent de s’accrocher mais j’en remet une petite couche et arrive à les distancer. Place à une grosse descente bien raide. Il est l’heure de voir si mes bonnes sensations en dénivelé négatif me permettent de les distancer un peu plus. Ca fonctionne une fois de plus et je creuse l’écart.
Plus que 4 km, où nous retrouvons les coureurs du 10km. Ce n’est pas évident de doubler dans ces singles, mais je m’impose parfois un peu en force pour passer car j’ai deux objectifs en tête : le premier, celui de tenter de revenir sur d’autres coureurs et repasser dans le top 10, et le second , qui me fait sourire, celui de tenter de boucler le parcours en moins de 1h57. Pourquoi ce temps ? Car c’était celui d’Amandine Ferrato avec qui j’étais venu courir ce trail l’an passé et qui va courir le we prochain les championnats du monde de trail sous le maillot de l’équipe de France et pour laquelle j’ai une petite pensée.
Je double à droite, à gauche, me met dans le rouge dans les derniers kilomètres mais rien n' y fait, pas de coureurs en vu, et surtout je vois que je n’arriverai pas à passer sous les 1h57 d’Amandine. 

Pas grave, je franchi  la ligne d'arrivée en 2h01min, à la 11ième place, heureux d’avoir retrouver des sensations en seconde partie de course et pris du plaisir sur ce magnifique parcours. Un plaisir qui se poursuivra toute la journée lors du repas d’après course, arrosé de bières à la châtaigne offerte par l’organisation, partagées avec les amis coureurs, les collègues d’Aix Athlé ansi que Patrice et Fabrice mes compères de Team.





Encore une très belle journée organisée par "Trail Nature Collobrière", merci à eux !
Et quoi de mieux qu’une journée dans le massif des Maures, sous le thème de la Châtaigne pour préparer l’Ultra Trail de Corse? 

Maintenant, place à un entrainement basé sur le volume pour être prêt le 7 juillet prochain à Corte.

dimanche 28 mai 2017

Un Beaver Trail Vite vite !!!

Avec mon tendon de cheville toujours « sensible », c’est avec sagesse mais aussi regret que j’avais décidé de réduire mon volume de courses prévues pour ce we de l’Ascension où je devais initialement enchainer les formats de 45km du THP puis du BeaverTrail. Mon nouveau programme, aussi intense, mais beaucoup moins traumatisant pour la cheville fut  le CitaTrail du THP le vendredi soir où la victoire en relais avec le Team nous à couté à tous une paire de poumon, l’ascension de la Montagne de Lure le lendemain en vélo en « recup » avec 105km et 1800D+, suivi du parcours « kid » de 15km du Beaver trail le dimanche.
Le réveil du dimanche est un peu difficile après cette belle première partie de we passée avec le team autour du THP, mais j’essaie de rapidement me concentrer sur l’objectif du jour même si je sais déjà que ce Beaver Trail sera trop rapide à mon gout. Une bonne demi-heure avant le départ, je pars m’échauffer en plaçant  quelques accélérations  afin d’être chaud et opérationnel dès le départ. Juste le temps de faire un rapide briefing  que le départ est donné. Tellement convaincu que ce trail sera ultra rapide, je prends en main la course et impose inconsciemment un rythme assez (trop) rapide. Les premiers km sur une large piste commencent à étirer le peloton. Nous nous retrouvons à deux à mener la course à rythme de 16 km/h et je suis alors heureux d’avoir mes Terrex Agravic Speed au pied pour cette séance de vitesse. Je m’étonne de pouvoir contenir cette horde de coureur durant ces quelques kilomètres mais subitement, je sens que ma vitesse commence à diminuer avec une sensation de fourmillement dans les jambes. Sans pouvoir faire grand-chose, je vois alors quelques coureurs me doubler. J’essaie de m’accrocher mais je subis, je ne suis pas dans ma zone de confort d’ultra trail, je suis à la limite de la nausée. Je ne m’imagine même pas avaler un gel ou bien m’hydrater. Je suis alors 8ième, à la dérive, et le moral en prend un coup. Je me dis que je vais finir en mode randonnée et profiter du paysage mais c’est tout de même râlant sur un parcours aussi cours. Tellement cours et intense que quelques minutes plus tard, toujours dans le doute de savoir je ralenti ou non, je vois que j’arrive un peu à revenir sur le groupe de devant. 
Allez go, je suis là pour me mettre dans le rouge, donc je profite de ce moment de mieux pour recoller à mes poursuivants et reprends les reines de ce groupe. Au pied de la dernière « grosse » montée, j’arrive à creuser l’écart et seul un coureur s’accroche. Je le sens moins à l’aise que moi dans le technique et profite alors d’une petite descente raide pour prendre un maximum de risque et le distancer d’une centaine de mètre. Pas le temps de s’arrêter au ravito, je relance et maintien la vitesse en montée pour garder mon écart mais je souffre. Encore une petite descente ou j’essaie encore d’accroitre de quelques mètre mon écart. C’est chose faite, il ne reste plus que 2km et l’écart doit être de 200m. Il me suffit de gérer l’écart. Je franchi la ligne en 1h15 en déroulant, heureux de mettre bougé sur cette course. Aucune idée de mon classement, je suis pourtant 4ième (et 1ier senior), ce qui me donne encore plus le sourire.
Une bonne expérience de se confronter à une distance si courte où l’on s’aperçoit que tout est différent de l’ultra : pas le temps, ni l’envie d’ailleurs, de boire où manger, ne pas gouter aux joies du ravito, à peine la voix pour dire bonjour ou merci aux bénévoles et spectateurs, essayer de se battre sans cesse pour gagner une place ou creuser un écart avec les coureurs (même si cela est resté bon esprit entre nous). Bref je me suis bien amusé au final et ma cheville me remercie de ce we !
L’après midi, un peu en manque de distance, j’ai ressorti le vélo pour une petite sortie de décrassage sur les routes que je parcourais quand j’étais ado entre Poulx et Uzès. Un we bien rempli grâce à  la complicité et au partage avec mon Team EnduranceShop 13, à Eric Andreo et toute l’Equipe du Beaver trail qui nous a offert un sublime trail malgré les grains de sels qui n’ont pas réussi à mettre à mal l’organisation de la course, et une fois de plus à mon équipe de kiné de Gardanne qui fait au mieux pour soigner ce tendon rebel !

Comme on dit dans la team : « We love Running (and cycling ;-) ! »




samedi 22 avril 2017

Le Penyagolosa Trail où quand la tendinite a raison du traileur !



115km et seulement 5500D+ : Il fallait s'attendre à un Penyagolosa Trail très roulant avec une horde de coureurs espagnols au sang chaud prêts à partir sur les chapeaux de roues. C'est donc un entraînement basé sur la vitesse que j’ai essayé de tenir quelques semaines avant la course si ce n'est sans compter sur une tendinite au niveau de la cheville qui me forcera à rester quasi au repos à 3 semaines de l'objectif avec des sons intensifs chez le kiné.
Malgré la cheville encore douloureuse quelques jours avant la course je prends tout de même la décision de m'aligner sur le départ de cette épreuve de l'Ultra Trail World Tour, accompagné de Galinette Laurie venue également représenter le Team EnduranceShop 13 à l'international.
Il est 23h le vendredi soir quand nous débarquons sur le lieu du départ, le stade d'athlétisme de l'université de Castellon. Il fait frais mais l'ambiance hispanique, la musique et le speaker œuvrent pour nous réchauffer. Avec Laurie et Roxane, les seules représentantes françaises, nous nous positionnons en tête avec les élites. Je sens que cela va partir vite entre l'entrain des espagnols et le fait de faire un tour de stade sur le tartan en guise de départ: une séance de fractionné à froid...au top!
Minuit le départ est lancé, je me fis à mes sensations, ma douleur à la cheville est absente, et les jambes légères. Je reste alors au contact du peloton de tête en compagnie des stars espagnoles et thimoty Olson. Le premier ravitaillement passe très vite, juste le temps de faire un signe à mes parents. Je ne m'arrête même pas. Je jette un coup d'œil furtif à ma montre: nous avons bouclé les 10 premiers km à plus de 12km/h de moyenne. Je me régale à relancer sur ces pistes et petits singles vallonnés en pleine nuit.


Apres une petite heure de course, alors que je suis 27ieme, sans grande surprise, ma cheville me rappelle alors qu'elle connaît depuis quelques semaines une inflammation. La douleur reviens peu à peu et le doute commence alors en s'installer en moi. Est-ce que la douleur va rester constante ou va elle s'amplifier et m'obliger à renoncer avant l'aube? J'essaye de ne pas trop y penser mais cette douleur supportable mais constante malgré quelques pics selon les appuis, me fait perdre les sensations au niveau du pied ce qui rend plus délicat les descentes techniques où l'entorse me guette à tout instant. Pour oublier je pense aux amis, Perrine, Julien et Thomas qui sont aux mêmes instants en train de courir l’autre étape de l’UTWT du we à Madère. J'essaye d'imaginer ou ils en sont sachant que j'étais sur ce même trail il y a tout juste un an.

A l'approche du ravito du 32ieme km, la douleur est toujours là et me perturbe psychologiquement: Faut il s'arrêter, continuer au risque d'aggraver mon inflammation et allonger irrémédiablement ma période de récupération? Je prends alors la décision de continuer l'aventure mais de changer de chaussures en optant pour un modèle avec plus d'amorti. Mes parents venus faire mon assistance récupèrent mes Terrex Agravic Speed en échange des Terrex Trailmaker. Je repars avec un peu plus de confort et cela se ressent....sur quelques km seulement car la douleur ne tarde pas à revenir. Je salue aussi rapidement Kamel, venu faire l'assistance de Laurie, et cela fait plaisir de le voir à chaque ravito.
Peu avant le levé du jour, les températures avoisinent les 0 degrés et au delà de mes problèmes de cheville, mes jambes commencent à perdre en souplesse après plus de 50km passés à courir sans jamais marcher à près de 10km/h. Le moral prend aussi un coup de mou. Je passe alors mon cerveau en mode ultra trail en me fixant comme objectif non pas l'arrivée, encore à 10h devant, mais le prochain ravito, et ainsi de suite afin de découper ma course en plusieurs étapes acceptables pour mon cerveau.
Malgré la douleur, j'apprécie grandement le levé du soleil au dessus des montagnes, qui vient lentement réchauffer l'herbe des prairies encore givrée par la petite brise nocturne. Les oiseaux s'éveillent peu a peu...un réel plaisir d'être la en pleine nature. C'est aussi pour cela que l'on fait ce sport.
Arrivé à la base vie de Culla je retrouve une fois de plus mes parents qui ont préparé mes affaires de rechanges, et se préparent à me ravitailler. Je me pose alors 15 minutes, comme je l'avais prévu dans mon plan de course mais surtout car j'en ai besoin. J'ai le moral au fond des chaussettes. Je m'assoie, mange un bol de riz, une banane et profite pour changer de teeshirt, option manches courtes avec les températures qui montent.
Je repars alors pour 18km où je sais que je ne verrai plus mon assistance. Ca va être dur mentalement. Une longue descente dans un single caillouteux et sec me rappelle toujours mon manque de sensations sur le pied gauche. Le plus ennuyant, c'est que cela modifie ma façon de courir, mes appuis et que je ressens alors un déséquilibre général avec des douleurs au niveau du genou et du bassin. Je suis en train de m'user au sens propre. Pour couronner le tout, je ressens également une douleur à l’orteil droit. J'enlève alors ma chaussure et chaussette sur le bord du chemin pour retirer le caillou qui doit le faire mal...mais non c'est juste que j'ai un ongle tout bleu. Rien à y faire, je me rechausse et repart en espérant ne pas le perdre d'ici l'arrivée.
Les kilomètres passent sur de longues pistes ou singles au faible dénivelé où il faut sans cesse relancer. J'ai de plus en plus de mal à courir sans souffrir, seule la marche limite ma douleur.
Je commence alors à cogiter sur l'intérêt à finir cette course si c'est pour marcher encore 40km pendant environ 10 heures vu ma moyenne horaire. A quoi bon faire souffrir mes articulations et traumatiser encore plus mon corps ce qui ne fera qu'allonger mon temps de récupération. Je vois déjà la tête de mon équipe de kiné à tenter de me retaper le plus vite possible pour recourir.
Dans mes pensées j’entends tout d'un coup une voix féminine surprise qui crie :"Damien?". C'est Roxane, qui revient en petite foulée sur moi. Je l'accroche, on discute de nos objectifs trails de la saison, des copains qui courent à Madère. Après quelques minutes je craque et la laisse partir. Cela ne me pèse même pas moralement car cela fait déjà quelques heures que je me fais doubler par des coureurs et sais que ma course est perdue. Mon seul nouvel objectif n'est même pas de finir, mais d'accumuler des bornes dans le dur et forger un peu plus mon mental.

Arrivé au ravito de Vistabella je retrouve une fois de plus mon assistance qui est aux petits soins. Je retrouve aussi Kamel, toujours aussi Zen qui attend sa Galinette Laurie. Elle ne doit pas être loin? D'ailleurs le temps de remettre mon sac sur le dos qu'elle débarque dans la salle. Ca me fait plaisir de la voir car cela signifie qu'elle est dans ses temps. Je repars en lui signalant qu'elle devrait rapidement revenir sur moi vue ma vitesse même si elle me répond qu’elle aussi n’avance pas.
C'est reparti pour une guerre mentale et physique de 7km jusqu'au prochain ravito. Les parties où j'arrive à courir sont rares. Rapidement Laurie me rattrape. On discute un peu. Elle me dit aussi que c'est trop roulant pour elle mais je trouve que sa foulée est encore efficace par rapport à la mienne. Doucement elle s'échappe vers sa future 7ieme place sur une épreuve de l'UTWT, bravo Galinette ! Quand à moi toujours en mode randonnée, les kilomètres paraissent interminable à 4km/h de moyenne. Je sors alors mon tableau de passage avec le profil du parcours pour voir qu'après le ravito il me restera 18km à faire avec plus de 500D+ soit plus de 5h de course ou plutôt de marche pour me faire arriver en début de soirée. Quel intérêt de poursuivre dans ces conditions ? Certes celui d’être finisher, d’avoir un médaille, mais en dépit de quoi? De casser encore plus la machine, allonger mon temps de récupération, risquer une entorse avec mes appuis approximatifs? Je pense avoir atteint mes objectifs en ayant tenu mentalement toute la journée, limité la casse en faisant tout de même une belle sortie longue. Pour moi c’est mission accomplie je me donne le droit de me considérer comme finisher de mon défi si j’arrête au prochain ravito, sans regret ni remord.
Arrivé à ma ligne d'arrivée fictive, je me pose alors sur une chaise, profite de quelques pâtisseries, bananes et coca frais servi par mes parents, et vais sereinement rendre mon dossard à l'organisation. Fin de l'aventure du Penyagolosa Trail qui aura fait pour moi 101km, 4600D+ en 14h30 d'effort. 

Je repars la tête haute en voiture de ce ravito en sachant que je ne verrai jamais la ligne d'arrivée de ce trail. Aucun regret, juste la satisfaction d'avoir tenu cette distance malgré ma blessure, m'être endurci en ne fléchissant pas même dans le dur, avoir acquis encore un peu plus d'expérience sur un ultra et sa gestion. Et aussi malgré les passages durs d'avoir profité de magnifiques paysages, odeurs, sensations que nous offre dame nature: « I love running!!! »
Un grand bravo à nos 2 Françaises Laurie et Roxanne qui terminent respectivement 7ieme et 6ieme féminines. A Perrine et Julien qui bouclent remarquablement leur trail sur Madère avec un plateau très relevé. 
Merci à mes parents à qui j'ai confié pour la première fois l'intégralité de mon assistance et qui ont géré parfaitement en me permettant de repartir au top après chaque ravito. Merci aussi à Kamel pour ses grands sourires a chaque ravito!

Maintenant place a la récupération avec l'aide de mes kinés de Gardane et objectif l'ultra de Corse début juillet. J'ai hâte!

dimanche 26 mars 2017

We choc sur le Trail de Cuers

C’est un peu à la dernière minute, et histoire de relever le Challenge que j’ai répondu à la proposition de Perrine et Julien de venir courir le Trail de Cuers (25km et 1500D+) puis enchainer dans la foulée avec le parcours du 17km en off ! Ma semaine d’entrainement était déjà bien chargée mais cette proposition me permettait de cumuler des km avant l’Ultra du Penygolosa Trail fin avril.
Arrivée sur place nous sommes étrangement calme à la vue du programme qui nous attend. Nous prenons un petit quart d’heure pour nous échauffer. 8H30 précise le départ est donnée. Le petit parcours s’élançant avec nous, cela par très vite ! Je n’arrive pas à suivre la cadence imposée et suis à mon rythme car je sais que la journée sera longue et je ne compte pas faire de perf aujourd’hui.
Même si je sens que le cardio a du mal à monter et que les jambes sont lourdes de ma semaine d’entrainement, je prends du plaisir dans les parties montantes que j’affectionne. Je me surprends également à challenger ma cheville en descente pour bien vérifier que mon entorse de début d’année ne soit qu’un lointain souvenir.

Les kilomètres passent, je ne suis pas trop dans le rouge mais arrive tant bien que mal à conserver ma place. Je profite du paysage somptueux sur le pays varois, des singles très ludiques.
Après le second ravito ou je ne m’arrête que quelques secondes pour juste remplir ma gourde (nous sommes sur un 25km tout de même, il faut aller vite ;-), je suis talonné de prêt par un concurrent qui fait le yoyo avec moi. Me sachant 10 ième, je me fixe alors le défi personnel de conserver ce top 10 et pourquoi pas remonter quelques places. Il reste un peu moins de 8km : je remonte dans les tours en me mettant dans le rouge en montée et relançant un maximum en descente quitte à prend un peu de risque. Peu à peu mon poursuivant décroche et je commence même à voir le coureur précédent en visuel. A force de cravacher, je le double et file comme une fusée vers l’arrivée que je franchi en 2H50 à la 9ième place.
Je suis heureux car j’ai gagné mon challenge perso de rester dans le top 10.


Dans l’attente de Julien et Perrine, qui finirons 15ième et 2d fille pour Perrine, je profite du ravito d’arrivée pour reprendre des forces en me goinfrant de bananes. Juste le temps d’échanger également avec d’autres coureurs et nous repartons sur nos traces pour cette fois ci faire le parcours du 17km en off. Les jambes sont très lourdes mais notre motivation reste intacte. Après 2H30 d’effort, nous bouclons notre second trail de la journée, entre nous, entre amis !
Un grand merci à toute l’équipe de l’organisation qui nous a concocté un très beau parcours et aussi offert un buffet repas improvisé à l’issu de notre deuxième tour de piste.


Bravo à mes deux acolytes du jour…on a relevé le défi, « We love runing !»