Après avoir eu le malheur de "goûter", un peu par hasard, à la course à pied en 2008, je me suis découvert une passion pour ce sport qu'est le trail.
Un sport d'addiction, où chacun peut y trouver du plaisir, une motivation, des défis à relever.
Un sport qui permet de découvrir de nouvelles contrées, des paysages, des ambiances uniques, des personnages.
Un sport de partage, où les derniers côtoient les premiers, où l'on partage des valeurs.
J'ai longtemps hésité avant de créer ce blog, car loin de moi l'idée de me mettre en valeur (ceux qui me connaissent n'en douteront pas en instant), je tiens surtout ici à vous faire partager ma passion, au travers de mes récits de courses et des tranches de vie vécues depuis quelques années sur les sentiers...et pourquoi pas vous transmettre ce virus qu'est le trail et plus particulièrement l'ultra trail!



dimanche 25 février 2018

Un trail du Coudon en binôme pour deux fois plus de plaisir !




Qui a dit que la course à pied était un sport individuel ? 
Ce we c'etait un sport d'équipe avec ma coéquipière du jour Bérengère Hode pour participer au trail du Coudon en duo mixte.
Bérengère : « Il s'agit de mon 2ème trail aux côtés de mes co-équipiers du Team Endurance Shop 13.
Damien Vesseau s'avère être mon "vrai" co-équipier de course, Laurie Atzeni et Cédric Goléa formant LE duo à battre! »
Damien : « La météo du jour ne me donne pas envie de me lever mais j’ai très envie de retrouver mes compagnons de team et affronter ce défi avec ma « vrai » co-équipère de course, Bérengère ! »
Après un petit échauffement en groupe, le départ est lancé rapidement, même pas le temps de se souhaiter une bonne course.
Dès le départ, Bérengère :  « je n'ai pas de très bonnes jambes. L'effort m'est douloureux en côte, et je ne parviens que tardivement à stopper mon essoufflement. J'ai tout de même réussi à compter le nombre de concurrentes féminines devant nous. On est plutôt bien! 4eme. Puis 5eme, puis 6eme! Aïe! »
« Je me cale à coté de Berengère pour ne pas trop lui mettre la pression et veille à ce qu’elle ne se brule pas durant ces premiers kilomètres de montée. A la voir souffrir je me revois sur tous ces départ de trail rapide, à subir sans pouvoir rien faire…il faut prendre sur soit et attendre que ça passe ! »
Ouf, la première descente redonne du baume au cœur à Berengère : « elle me fait du bien aux jambes, j'ai de meilleures sensations. On remonte au classement, on a doublé 2 femmes. ». « Moi qui te croyais à l’agonie, je constate que tu arrives encore à suivre notre classement, tu étais trop lucide, on aurait pu accélérer ! ;-) »
Le duo profite d’un joli point de vue au bord d'un petit lac, avant de reprendre une bosse pour atteindre le point culminant du trail.
« Nous sommes au coude à coude avec une féminine, qui joue le classement individuel et non par équipe. Peu importe, terminer devant elle devient notre objectif de course! » .
« Oui mais je te rappelle ma chère que finir à moins de 15 min de notre duo à battre reste notre premier objectif. J’ai envie d’acceler un peu dans cette longue montée car je sens que l’on marche de plus en plus et que nous perdons du terrain. Mais mon role de « coach » me fait dire qu’il faut etre patient et laisser un peu soufller ma coéquipière qui semble tout donner. »
Au 13ème kilomètre, la pluie s'est déjà bien installée, et il fait froid. « Il me vient presque à l'esprit la fameuse phrase: Mais qu'est ce que je fous là? Heureusement, Damien est présent pour me soutenir, et il me pousse dans les montées . Il faut bien qu'il travaille un peu. »
« Je ne suis pas là pour me la couler douce pendant que tu es dans le dur : une petite assistance physique dans la montée et quelques encouragements nous permettent de redoubler quelques coureurs ».
Arrive alors une longue partie de relance sur DFCI. C’est dur mentalement pour notre duo. « Malgré sa volonté, je vois ma coéquipière qui souffre. Je l’aide du mieux sur les coups de cul en la poussant dans le dos mais elle est dans le dur. Elle me dit avoir froid au mains avec ses gants trempés. Pour une fois que ce n’est pas moi qui ai froid ! D’ailleurs je n’ai même pas mis mes gants qui sont bien au chaud et secs dans mon sac. Je lui propose donc de le mettre en échange des siens ! » Ni une ni deux, ca repart tambours battant direction une jolie descente sur un single : « je (Berengère) me régale, il n'y a personne devant, personne derrière, le sourire est de retour et on pense avoir semé notre "rivale" ». «  De mon coté je me régale aussi, moi qui n’apprécie pas les descentes, pour le coup je suis très à l’aise et prend mon pied dans la boue et les cailloux glissant…même le temps de faire une petite vidéo pour narguer notre duo Laurie et Cédric ».
Ravitaillement express où Berengère reste « sage » et Damien profite pleinement en prenant du quatre-quarts accompagné de chocolat. « Faut bien reprendre des forces ! »

  Arrive la montée sèche au fort du Coudon : « Toujours rien dans les jambes et je peine vraiment à monter. C'est alors que Magic-Damien me tracte pour que l'on monte plus rapidement.
Je croyais à un soulagement... mais Que nenni! Je n'arrive même pas à suivre. Damien, pour le coup, je suis impressionnée. BRAVO! Et je gagne même un QOM Strava! 
Merci! ;-) »
« Dernière ascension du parcours, il es temps de se lacher et se mettre un peu dans le rouge. J’accroche Bérengère par les mains et c’est parti pour la remontada. J’ai les cuisses qui commencent à chauffer et le cardio qui monte mais trop plaisant de doubler une dixaine de concurents dans ce raidillon. J’ai juste peur de faire craquer Berengère qui me dit ne plus arriver à suivre. Accroche toi on y est ! »
La recompense es là. Le duo en prend plein les yeux avec une magnifique vue sur la rade de Toulon, la presqu’ile de Giens et Porquerolles.
Dernière difficulté, un passage sur les crêtes où la roche est aiguisée. La vue à 360° semble toujours magnifique, mais malheureusement le soleil n'est pas de la partie aujourd’hui.
Dernière descente. Damien «  Super une descente, le point fort de ma binôme, on va envoyer … » Mais Berengère: «Je ne suis pas en top forme au niveau du ventre. Manquait plus que ça! Surprise à 24km, le duo victorieux Laurie/Cédric arrive à notre rencontre pour terminer le parcours avec nous ».
Finalement le dénouement est proche, ils rallieront la ligne d'arrivée en 3h22, à 26km au lieu des 30km annoncés, sous les encouragements de Daphné et Lisa, deux sauterelles marseillaises qui ont brillé sur le 15km. ;-) »
Berengère est contente d'en finir car elle n’était pas dans un bon jour physiquement.
« Nous terminons tout de même 2eme duo mixte et 3eme femme pour moi!? Eh bien non... avec Damien, on a fait un crochet supplémentaire au km22, petite erreur de parcours... ce qui m'a coûté ma 3eme place féminine. Allez, ça arrive... C'est le sport.... »
« Quels boulets, se perdre alors qu’on est en duo…c’est toujours râlant mais lon a pas perdu de place en binôme ! Ouf ! »
Au final, Berengère, « Je retiens surtout une journée sous le signe de l'entraide et de la bonne humeur.
Merci aux organisateurs et bénévoles (sous la pluie), à mon co-équipier Damien de m'avoir embarquée dans cette course, et bien soutenue »
Au final du final, Damien «  Super expérience de courir en duo et de trouver le bon rythme et les mots qu’il faut pour motiver sa partenaire. Merci au bénévoles qui ont souffert autant que nous sous la pluie, à Stéphane notre photographe. Bravo à ma co-équipière Berengère qui a vraiment fait de son mieux malgré sa méforme du jour, cela fait plaisir et we love running ! »
Le binôme : « Bravo au duo de choc Atzeni/Golea! Merci à nos partenaires Endurance Shop, Salomon, Xsocks, Suunto, Authentic Nutrition, BlueTens et AZR. »
C’est quand que l’on re-court ?





dimanche 28 janvier 2018

Trail de la Galinette...à bloc!

Quoi de plus excitant que de retrouver tous les amis traileurs pour cette première course de la saison et le tout presque à domicile. C’est donc après une bonne nuit de sommeil que je prends la direction de Cadolive pour retrouver tout mon petit monde.  Le temps de discuter, j’en oublie presque de m’échauffer. Je parts tout de même trottiner un peu avec mes deux coéquipières de Team Berengère et Laurie avant de retrouver sur la ligne Cédric, Patrice et tous les autres…
Dans la surprise générale, le départ est lancé par un simple « go «  du speaker. Tout le monde se regarde hésitant puis part d’un coup d’un seul. On a l’impression d’être sur un départ de cross ! Tous à fond dans la boue à presque se marcher dessus. Très vite, la première grosse ascension vers le Mont Julien étire le peloton.  Comme d’habitude, je laisse partir devant tout en gardant un bon rythme pour me caler dans les 20 premiers. Ma stratégie, garder des réserves pour tenter d’accélérer sur la seconde partie de parcours plus roulante.
Avec la pluie de la veille, le terrain est assez glissant, ce que je constate d’ailleurs rapidement après une petite chute dans la première descente. Mais cela ne me refroidit pas et je repars tambour battant.
Les premières bosses se succèdent à un rythme assez soutenu. J’essaye de m’économiser un peu mais il faut cravacher pour maintenir le rythme. Rythme qui deviens vite grisant et plaisant surtout que je suis en forme et cela fait du bien de se sentir aller vite dans les petits singles sinueux et les coups de cul.  Tans pis pour ma stratégie de course, je croise les doigts pour que ça passe et que je ne souffre pas trop en seconde partie de parcours. Je joue au chat et à la souris avec mon collègue Nicolas Martin sur qui je reviens à chaque montée mais qui me distance à chaque descente. Cela nous permet au moins d’échanger quelques mots à chaque fois que l’on se revient dessus.
Nous franchissons le premier tiers de la course, je n’ai aucune idée de mon classement mais j’ai toujours Nicolas en ligne de mire.  Nous nous engageons alors sur l’une des plus longue descente du parcours. Je sais que c’est le moment où il ne faut pas lâcher et minimiser la casse, moi qui suis piètre descendeur.  J’essaye donc de conserver mon poursuivant en visuel, preuve que je ferais une belle descente. Je prends pas mal de risque, mais je suis super confiant avec mes Salomon Sense 6 au pieds et prends plaisir à descendre à fond. Arrive alors « la » grosse montée du parcours direction le Garlaban. Il est l’heure pour moi de tenter d’accélérer dans cette partie que j’affectionne. C’est parti ! Je m’efforce de garder une foulée dynamique sur toute la montée et de marcher le moins possible. Je double Nicolas, reviens sur Patrice que j’encourage et double encore deux autres coureurs.
Arrivé au ravito, comme pour le premier, je ne m’attarde pas et me contente juste de remplir mes flasques d’eau.  C’est reparti, je suis grisé par la vitesse. Malheureusement nous sommes à plus de 3 heures de course et le corps commence à souffrir, surtout en ce début de saison. Je rentre dans le dur. Le sentier en balcon avec une vue imprenable sur la Sainte Baume est magnifique, la température et printanière mais j’ai mal. Je me force à manger une barre pour lutter contre ce coup de mou. Mais c’est dur et je passe en mode ultra traileur en survie. Je fais le vide dans ma tête et avance en mode « automatique » pendant quelques kilomètres. Personne ne revient, ce qui me permet de garder le moral. Peu à peu la forme refait son apparition et je commence à re-accélerer pour reprendre un rythme de croisière sympathique.
Notre parcours rejoint alors celui du 25 km, ce qui me permet de retrouver des coureurs. Cela motive, je double à droite, à gauche, je me sens aller vite. Certains m’encouragent, j’en fais de même. J’ai la banane.  Dernier ravito toujours aussi express. J’ai juste le temps d’échanger deux mots avec mes parents venus m’encourager que me voilà reparti. Je double mon pote Emeric Ade qui est sur le 25km et qui me dit que je suis dans les 10. Ca me donne un coup de booste surtout que je vois au loin un concurrent.
Peu à peu je devine le maillot d’Aix Athlé sur son dos, ca doit donc être Samir, un nouveau « cours vite » de mon club comme dirait Nathalie Robin (car oui, je vais tellement rarement à mon club que je ne connais même pas les nouveaux ;-) . Je reviens à son niveau et commence à engager la discussion. Il me dit qu’il est mort et qu’il est parti trop vite.  Je tente de le motiver en  lui répondant « Il ne reste que 5km, viens et sert les dents ! ». On progresse alors ensemble. Sur les petits coups de cul, je prends le large mais il revient sur les faux plats montant. Personne n’arrive à se détacher. On joue ensemble mais toujours en s’encourageant mutuellement. Il ne reste que 3km donc deux solutions, soit ca se joue à la régulière rapidement, soit on arrive ensemble car impossible pour moi de jouer ça au sprint final, ce n’est pas ça l’esprit trail  (en tout cas pour moi)! Donc banco, le profil joue à mon avantage avec un gros coup de cul d’un km. Je décide de tout donner. Je ne lâche rien et monte fort, trop fort. J’arrive en haut avec les mollets et les cuisses dures comme du bois, je grimace mais j’ai creusé l’écart. Plus qu’à descendre tambour battant jusqu'à l’arrivée.

Je me retourne au moins 10 fois dans la descente, c’est bon, mission accomplie. Je franchi la ligne « dans le rouge » en 4h55 et attend alors Samir pour le féliciter de notre beau mano à mano ! Nous sommes heureux mais épuisés, on en rigole!
 Au final, je finis 11ième au scratch, heureux d’avoir bien géré cette course tout en vitesse et en puisant dans mes réserves sur les derniers kilomètres.






Un bonheur qui sera encore plus intense tout l’après midi avec le champagne offert par notre Patrice, la moisson de podium du Team et de mon club et les retrouvailles avec tous les amis de trails. C’est aussi ça notre sport !
Merci au MTC pour cette nouvelle édition du trail de la Galinette toujours au top, merci à Endurance Shop 13 et nos partenaires pour leur soutien  et un grand merci à tous ceux que j’ai croisé pour leur bonne humeur et ces moments de partage !
Je sens que la saison 2018 va être grandiose !
En route pour le prochain trail.

We love running !





dimanche 14 janvier 2018

Un peu de vitesse avec la boucle Gardannaise

Moi qui adule les grandes distances, les montées sèches et le technique, pourquoi me lancer sur la boucle Gardannaise ce dimanche 14 janvier, une course nature de 12km avec 200D+ ?
Peut-être parce que j’étais quasi à domicile, que je voulais faire un peu de vitesse en ce début de saison pour préparer le trail de la Gallinette, ou tout simplement parce que cela me faisait plaisir de participer à cette course organisée par le Cles Gardanne.
Conscient qu’il fallait devoir rentrer dans la course dès le départ compte tenu de cette distance très courte, je décide de m’échauffer une bonne demi-heure en plaçant quelques accélérations pour débrider la machine. Quelques minutes avant le départ, je retrouve Nicolas Luxembourg, qui gagnera haut la mains cette épreuve (Bravo Nico) ainsi que Laurie qui est aussi venue faire une séance de vitesse et remportera la course en féminine (Bravo Laurie). Sur la ligne, ma motivation est quasi nulle quant à devoir courir à fond pendant un peu plus de ¾ d’heure. Je n’ai ni envie, ni la volonté de me faire mal. Compte à rebours rapide, le départ est donné. Je me force à partir dans les premiers pour tenter de garder le rythme. Je n’ai toujours pas envie mais d’être dans les trois premiers et d’entendre les amis sur le bord de la route m’encourager me redonne des ailes. Je me dis que même si je n’apprécie pas ce style d’épreuve, c’est l’occasion de me tester et de voir jusqu’où je peux pousser mes limites. Donc Go, je tente de suivre le second mais c’est dur de tenir à cette allure supérieure à 16km/h. J’essaye d’honorer mes nouvelles Salomon Sense, conçues pour la vitesse mais  peu à peu je me fais distancer et doubler par une poignée de coureurs. Ca me casse le moral, j’ai envie de lâcher prise. Comme sur un ultra je décide alors de faire le vide dans ma tête, de débrancher le cerveau. Je commence à suivre machinalement le coureur qui me précède. Ca fonctionne j’arrive à tenir. 

Passé la mi course, après un ravito où j’ai tout de même pris le temps de marcher pour boire un verre d’eau sans m’étouffer, un signaleur m’annonce 8ième. Allez je n’ai rien à perdre, je suis là pour m’amuser et essaye alors de continuer à me mettre un peu plus dans le rouge pour tenter de revenir et assurer un petit podium catégorie. Dans les parties montantes, j’arrive à revenir et gagne une place. Je poursuis toujours à la limite de la rupture, mais je sais que ca sera dur de gagner ces clinquantes petits mètres qui me séparent du 6ième. Je lâche tout dans la dernière descente mais rien n’y fait, ma foulée n’est pas assez grande pour gagner ces précieux mètres. Ce n’est pas grave, je prends presque du plaisir à être à bout de souffle depuis le départ, les muscles à la limite de la tétanie, toujours à 110% ! A l’arrachée, je franchi la ligne en 47 min. Je suis heureux  de mettre donné à fond pendant ces 12km !

Une belle course (merci au Cles Gardanne) et un beau moment de partage avec les amis coureurs « du quartier » et notamment du Cabba, du Cles et du team…

Vivement le prochain dossard et « We love running (vite) ! »





dimanche 19 novembre 2017

Un dernier pour 2017...le GemTrail Marathon

Idée un peu folle que de s’aligner encore sur une course une semaine après l’Alpin Trail où j’avais déjà bien senti la fatigue post Diagonale des Fous. Mais j’avais envie de porter un dernier dossard pour cette saison 2018 et retrouver les collègues du Challenge des Trails de Provence. Donc cette fois ci encore c’est pour le « fun » que je me suis inscrit à la dernière minute sur ce 42km du GemTrail.
Sur place une petite heure avant le départ, le mistral nous rappelle alors que nous sommes en novembre et qu’il fait frais, surtout dans la vallée de St Pons à Gémenos. Le thermomètre affiche un timide 4°C, ce qui me fait déjà regretter cette idée folle. Tant bien que mal, je me fait violence et part m’échauffer, ce qui me permet de faire la connaissance de mes deux nouvelles collègues de team Berengère et Mandy.  Sur la ligne de départ, je prends le temps de plaisanter quelques minutes avec Fabrice Arnaud qui est venu marquer quelques points pour le Challenge.


A peine le départ donné, je sens que la journée va être difficile car je n’ai aucune sensation, ni motivation. Je laisse donc partir le groupe de tête et un peu à mon habitude me place dans les 15 premiers. J’échange rapidement avec Pascal Regnerie qui lui aussi est en mode « rando course » suite à la fatigue accumulée sur la saison. Je le laisse partir lui aussi et me cale à mon cardio pour ne pas exploser. Mon objectif est alors de limiter la casse sur cette première partie de course roulante et tenter d’accélérer quand le terrain deviendra plus technique et pentu, un peu comme la semaine dernière.
Après 2h de course, nous voici fasse à la grosse difficulté du jour avec une montée sèche de 800D+. C’est l’heure pour moi d’abattre mes cartes, et essayer de passer à l’action. Sauf que cette fois ci, je n’ai pas de jus et n’arrive pas mentalement à me rentrer dedans.  De plus, par erreur d’attention (ou parce qu’il était surement très discret), j’ai loupé le ravitaillement en eau et me retrouve vite à sec au pied de la cote. Je me force néanmoins de trottiner, en doublant un à un les coureurs du 25km que nous avons rejoint (ce qui n’aide pas pour progresser à un rythme régulier, m’agace et agace aussi les coureurs du 25km de se faire doubler par les coureurs du 42km…bref). J’ai la gorge sèche mais doit prendre sur moi car le prochain ravito, que j’espère bien présent est encore loin. Dans la montée, je retrouve Nicolas Martin qui s’est blessé. Je prends le temps de discuter quelques minutes avec lui pour lui remonter le moral. En échange il me propose une gorgée d’eau qui me sauvera pour le reste de la course (merci Nico).
Les kilomètres passent mais je n’ai toujours pas de motivation pour me mettre dans le rouge. De plus, je commence à sentir de multiples douleurs musculaires et articulaires au niveau du bassin ce qui ne m’incite pas à accélérer. Quelques coureurs me doublent en descente et sur les parties plates, celles qui me font les plus souffrir. Heureusement, j’ai moins mal en montée ce qui me permets de revenir sur eux. Nous jouons au yoyo.
Arrivée au 30 ième km, j’ai toujours mal et n’éprouve aucun plaisir, mais je relativise, contemple ce magnifique massif qu’est la Sainte Baume, profite d’être là en pleine nature, et repense à toute ma saison 2017 qui se termine. Dans mes pensées, j’enchaine les kilomètres en oubliant ma méforme du jour.
Dans la dernière longue descente, un coureur, Yann Morello revient sur moi. Coïncidence,  c’est lui que j’ai doublé la semaine dernière quelques kilomètres avant la fin de l’Alpin Trail. Cette fois-ci c’est à son tour de me doubler, c’est la dure loi du sport. Dure loi, mais je suis amère et me sens frustré de finir ma saison en étant en dedans et en subissant ma course. Allez, il ne reste que 2 km, c’est la fin de saison, je n’ai rien à perdre (rien à gagner d’ailleurs), mais pour le fun, je part tambour battant et essaye de creuser l’écart avec Yann dans la dernière ascension, juste pour me redonner confiance. Mon cardio s’affole mais je sis déterminé. Je ne me retourne pas en haut de la montée, confiant, et relance de plus belle en descente en risquant la chute à plusieurs reprises. Cette descente canon me permet de doubler encore un autre concurrent.  Sur un rythme de routard, je franchi la ligne en 5h16 min, en décrochant une 17ième place, heureux de remporter mon petit challenge personnel « des 2 derniers kilomètres ».
Heureux aussi de partager cet après course avec les amis traileurs que je n’avais pas croisé depuis longtemps pour certains autour d’une bonne bière.
Cette fois-ci ca y est, la saison est définitivement clôturée : Ce soir je pose les baskets pour 3 semaines histoire de reposer l’organisme mais aussi l’esprit afin de conserver l’envie de courir et de se surpasser en 2018.
Rendez vous en 2018 avec le Team Endurance Shop 13 avec pleine de bonnes surprises  au programme !!!